L’hyper-tropicalisation de l’Afrique de l’Ouest

Et si on arrêtait de se plaindre du soleil ? « Il fait chaud aujourd’hui, le soleil tape trop fort ! » C’est devenu notre refrain quotidien. On le dit au bureau, au marché, sur nos zemidjan. On soupire, on lâche un fataliste « Humm », et on passe au sujet suivant. Pourtant, sous nos…

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Et si on arrêtait de se plaindre du soleil ?

« Il fait chaud aujourd’hui, le soleil tape trop fort ! »

C’est devenu notre refrain quotidien. On le dit au bureau, au marché, sur nos zemidjan. On soupire, on lâche un fataliste « Humm », et on passe au sujet suivant. Pourtant, sous nos yeux, l’Afrique de l’Ouest est en train de subir une hyper-tropicalisation sévère.

Et si, au lieu de simplement subir cette chaleur écrasante, on se posait de vrais questions pour regarder la réalité en face?

Le thermomètre grimpe, les prix du marché aussi

On a tendance à penser que le climat, c’est une affaire de scientifiques ou de sommets internationaux lointains. Mais la réalité se trouve dans nos assiettes et nos portefeuilles.

Les terres deviennent plus arides et nos maraîchers peinent à obtenir de bonnes récoltes. Le cas le plus frappant ? La crise du gingembre qui sévit depuis trois ans. Trois ans que le petit tas de Dotê qui nous coûtait 100 FCFA est silencieusement passé à 250, puis à 500 FCFA.. Oui là ça vous parle non?

La question qui fâche

En toute honnêteté : depuis que vous êtes né(e), combien d’arbres avez-vous mis en terre ? Êtes-vous capable, aujourd’hui, d’en pointer au moins deux du doigt en disant : « Ça, c’est moi qui l’ai planté » ?

Nous refusons de végétaliser nos espaces, nos cours; nos quartiers sous prétexte que « ça demande trop de travail », que « ça salit » ou que « c’est de l’entretien ». Résultat : on bétonne à outrance, on ajoute du gravier à tout va tout en laissant un monde de plus en plus sec à nos enfants.

L’action plutôt que les superstitions

Si nous continuons de nous plaindre de la chaleur tout en coupant le peu de verdure qu’il nous reste, le jour où nos terres ne donneront plus rien, il sera trop tard. Et soyons honnêtes : ce jour-là, on aura beau accuser nos tantes ou nos oncles du village de nous « attaquer » mystiquement, on aura beau envoyer le feu dans toutes les églises du quartier… le problème ne sera que la conséquence de nos propres actions; dois-je dire inaction.
Entre temps des pays comme la Chine, tentent de ralentir l’avancée du désert avec des programmes comme « The Great Green Wall ». Mais nous que faisons-nous?

Par où on commencer ?

La solution ne viendra pas d’un coup de baguette magique. Pour cela, nous devons chacun de notre côté, penser à:

  • Verdir son espace de vie : Avant même de planter une forêt, commencez par végétaliser votre intérieur, votre balcon ou votre cour. Quelques grandes plantes robustes (Ficus, monstera, pothos ) créent déjà un micro-climat de fraîcheur chez vous.
  • Planter utile : Si vous avez un bout de jardin, pourquoi ne pas planter un arbre fruitier ou des plantes médicinales ? C’est un héritage vivant qui fera de l’ombre et nourrira la prochaine génération.
  • Changer de discours : Au lieu du fameux « Humm » résigné face à la chaleur, soyons ceux qui inspirent l’action. Offrez des plantes, initiez vos enfants au jardinage, faites de la verdure une priorité, pas une option.

Le soleil continuera de briller, c’est une certitude. Mais c’est à nous de décider si nous voulons cuire sur du béton brûlant, ou nous reposer à l’ombre bienveillante d’une nature que nous aurons pris le temps de cultiver.


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